La maréchalerie :

Le pied :

Définition :

 

Le cheval sauvage ne semble pas avoir d’ennuis avec ses pieds. Les soucis ne commencent à apparaître qu’avec la domestication.
Des prairies aux sols souples, le cheval fut amené sur des routes dures. Au lieu d’un exercice physique qu’il assurait à son propre rythme, on l’oblige à un travail continu, raison qui entraîne une usure beaucoup plus rapide de la corne.
D’un pré sain, il est amené dans une écurie où s’amassent l’urine et le crottin.
En outre, le poids du cavalier n’est pas prévu par la nature.

A l’heure actuelle, ne pas ferrer un cheval qui travaille est impossible, la ferrure est un mal nécessaire.
Le pied est la partie inférieure de chaque membre. Il est constitué extérieurement par une enveloppe cornée que l’on appelle le sabot, destinée à contenir et à protéger les parties internes vivantes et très sensibles.
La croissance de la corne est d’environ un centimètre par mois, mais la pousse peut être variable en fonction de certains paramètres tels que :

L’alimentation

La saison

Ferré ou non          

L’origine du cheval

La fréquence de graissage.

 

On dit généralement que :

- La corne des postérieurs pousse plus vite.
- la corne d’un pied non ferré pousse plus vite.
- Que la corne noire est plus dure que la corne blanche.

  

 

La paroi ou muraille :

 C’est la partie visible du sabot posé au sol, elle a la forme d’un cône affaissé à l’arrière. L’angle formé avec le sol est de 45/50 degrés. C’est la partie la plus importante du sabot : de sa forme, de la qualité de la corne, de sa direction de pousse de la corne, dépendent la qualité du pied, l’aisance des allures et de la solidité de la ferrure.

La paroi est divisée en plusieurs parties. La plus antérieure est la pince, ensuite viennent les mamelles suivies des quartiers et enfin les talons repliés intérieurement sous le nom de barres.
La paroi a une épaisseur d’environ un centimètre en pince et diminue en talon, elle est moins épaisse à l’intérieur qu’à l’extérieur. De même son profil est plus vertical à l’intérieur qu’à l’extérieur.
La corne est résistante, d’un aspect fibreux, noire, blanche, rayée, sa surface extérieure est lisse comme vernissée.
Sur le bord supérieur, s’étend une bande mince et molle secrétée par le bourrelet périoplique qui protège la corne et contrôle l’hydrométrie.

La sole :

  C'est le fond de la boite cornée que forme le sabot, la sole constitue une voûte en croissant échancré en son milieu et en arrière par la fourchette.
La sole est aussi épaisse que la paroi, .elle
est de couleur plus foncée, mais cependant moins dure.

 La ligne blanche :

 

Est aussi connue sous le nom de sillon circulaire, elle délimite la séparation entre la paroi et la sole, c’est à cet endroit que viendront s’enfoncer les broches.

La fourchette :

 

 

Elle recouvre le corps pyramidal du coussinet plantaire, elle occupe un espace triangulaire à l’arrière de la sole.
La fourchette est creusée par la lacune médiane et longée par deux tranchées appelées lacunes latérales.
Ses branches se prolongent par les glomes de la fourchette, eux même continués par le bourrelet périoplique.

  Les parties internes du pied :

 

 - Le tissu podophylleux

 

   ou chair feuilletée :

 

 Il recouvre la face externe de l’os du pied, il porte environ 600 lames parallèles de haut en bas appelées lames principales qui portent elle-même sur chacune de leurs faces de 50 à 60 lames que l’on appelle lames secondaires. Elles s’emboîtent solidement dans autant de lames de corne que porte intérieurement la paroi du sabot. Le tissu podophyleux assure l’union de la partie vivante et de son enveloppe de corne.
- Le tissu velouté :
Il tapisse la face inférieure de l’os du pied ainsi que celle du coussinet plantaire. Il porte d’innombrables pointes rouges qui lui donnent son aspect de velours et qui s’implantent dans autant de cavités creusées dans l’épaisseur de la corne de la sole et jouent le rôle de matrice de formation de la corne du sabot.

Le squelette du pied :

 

Il se compose de 4 os :
L’os du paturon ou 1ère phalange : il se trouve hors du sabot.
L’os de la couronne ou 2ème phalange : en forme de cube comprimé d’avant en arrière, il s’articule en haut sous l’os du paturon en bas sur l’os du pied par deux surfaces convexes et séparées par une gorge.
L’os du pied ou 3ème phalange : en forme de cône profondément creusé à l’arrière et totalement enfermé dans le sabot, il s’articule en haut, sous l’os de la couronne, contre l’os naviculaire (ou petit sésamoïde), par une facette aplatie. C’est lui qui donne sa forme au sabot.
L’os naviculaire ou petit sésamoïde : en forme de navette de Tisserant, allongé transversalement, aplati et rétréci à ses extrémités, il constitue la face articulaire de l’os du pied à laquelle il est solidement réuni par le bas de sa face antérieure
.


Le fonctionnement du sabot :

 

  

Comme le pied de l’homme souffre d’une chaussure trop dure, le pied du cheval à besoin que le sabot soit élastique

L’élasticité du pied entre en action lorsque la fourchette est appuyée sur le sol, d’où la nécessité de conserver toute sa force à cette partie du sabot.
Mécanisme : le poids du corps s’exerce verticalement sur le pied à raison, pour un cheval moyen, debout et au repos sur trois membres, de 150 kilos pour chaque antérieur et 200 kilos pour le postérieur en appui. Pour les antérieurs, la pression peut atteindre plusieurs tonnes, lorsque le pied frappe le sol au galop.
Le pied fait des efforts en trois sens :
- Vertical, qui écrase le coussinet plantaire et la fourchette contre le terrain.
- Obliques et latéraux, qui poussent vers le dehors les fibros-cartilages complémentaires de l’os du pied ainsi que la paroi à leur niveau.
- L’os de la couronne bascule légèrement vers le bas et l’arrière contre le tendon perforant et l’os naviculaire tout en écartant les fibros cartilages.
Conséquences : La pression subie par le pied à l’appui ou le choc du pied qui frappe le sol ne peut s’amortir sans 3 conditions
- Ecartement : possible de l’arrière du sabot. (Attention aux clous trop en arrière du fer).
- Souplesse : des fibros-cartilages et surtout de la corne (attention à l’entretien du pied).
- Appui : possible du coussinet plantaire par l’intermédiaire de la fourchette.

  Accident en cas de faible élasticité de la corne et des talons :

 

Lorsque les talons ne peuvent pas s’écarter, que la corne ou les fibro-cartilages sont sans souplesse et surtout lorsque la fourchette ne peut s’appuyer contre le sol, tous les efforts pèsent sur le podophylle. Le pied du cheval souffre, la circulation intérieure du pied est compromise et surtout la sole devient de plus en plus concave. Comme tous organes vivants, mais devenu inutile ou affaiblit par manque d’exercice, l’appareil amortisseur s’amenuise, la fourchette s’atrophie et se laisse remonter vers le haut du pied.
Un cercle vicieux s’établie alors et l’on assiste à l’évolution de l’encastelure.

 

Les maladies, défauts et accidents pied:

Seime montante.
Seime montante.

La seime :

 

Sur un sabot mal entretenu et trop sec, la paroi se fend dans le sens des fibres du sabot, suite à un choc.
Il existe 2 sortes de seime.

Seime montante : elle part du bas du sabot et remonte vers la couronne.
Elle peut être stoppée par un coup de râpe à son sommet.
Pour éviter que les chairs ne soient pincées entre les bords de la seime. Il existe un pansement en résine qui empêche également au corps étranger de rentrer.

Seime descendante : elle est plus grave et surtout plus longue à soigner car la couronne qui produit la corne est également abîmée. De ce fait elle n’arrive pas à combler la seime.

Dans le cas de la seime descendante, une intervention du maréchal sera nécessaire pour resserrer les bords au maximum à l’aide d’agrafes.

Pour favoriser la pousse de la corne (environ 1 centimètre par mois),

nous appliquons de l’onguent à l’huile de laurier sur la couronne.

l existe également des cloches en feutre que nous imbibons d’onguent, le

sabot est alors graissé constamment.

La blême :

 

Cela arrive quand le cheval marche sur un gros caillou.
- C’est une forme de bleu (poche de sang) dans le pied, elle est visible sous la sole par une tache brune-violette.
- Si la lésion est trop importante, elle peut comprimer les chairs, le maréchal ferrant creusera la sole jusqu'à atteindre la poche de sang pour qu’elle s’écoule (liquide noirâtre).

Une plaque en plastique sera ajoutée entre la sole et le fer pour empêcher la saleté d’entrer.
Des bains de pieds avec du DAKIN pourront être effectués pour désinfecter le drain.

L’étonnement du sabot :

 


C’est le même principe que la blême mais visible sur la paroi. Il est dû à des coups occasionnant des lésions sur la chair feuilletée.

La fourmilière :

C’est une infection, due à un (étonnement du sabot) ou à des corps étrangers, remontée le long de la paroi par la ligne blanche.
Les soins sont les mêmes que pour une grosse blême.


L’encastelure :

.

La fourchette s’atrophie et rentre dans la sole ainsi elle ne fait plus appui sur le sol et ne joue plus son rôle d’amortisseur.
Le cheval finit par boiter.
Plusieurs interventions du maréchal seront nécessaires pour rectifier les erreurs du passé, ainsi que des applications d’huile de laurier, car la fourchette est, dans ce cas, sèche et fine.

Une large garniture sera laissée sur le fer en talon de façon à ce que le sabot

 glisse sur ce dernier, (se déforme) pour reprendre sa forme initiale. 


La fourchette échauffée ou pourrie :

 

Provoquée par le contact prolongé avec une litière très sale et acide.
La fourchette part en lambeaux, devient visqueuse et sent très mauvais.
Les soins :
- Mettre le cheval sur sol propre et sec.
- Laisser tremper et brosser la fourchette avec une

Solution de DAKIN ou d’eau de javel diluée.
- bien sécher la fourchette et bourrer les lacunes médianes et latérales avec du coton imbibé de liqueur de Vilatte.

Composition de la liqueur de Vilatte : 

 

30 grammes de sulfate de cuivre.
30 grammes de sulfate de zinc.
60 grammes d’extrait de saturne.
Dissous dans 1 litre de vinaigre blanc.

Le crapaud :

 

C’est l’aggravation d’une fourchette échauffée.
Cette maladie grave s’étend de la fourchette à la sole, elle s’attaque au talon et aux glomes, la chair est mise à nu et une odeur infecte s’en dégage.
Au cœur de cette pourriture, dans la fourchette, se trouve un germe qui a la forme d’une petite boule rouge, appelé (cerise).

- Les soins :
Mettre le cheval sur sol sec et propre.
Dégager la sole et la fourchette avec le rogne pied pour nettoyer et également retirer cette « cerise »
- Laisser tremper et brosser la fourchette avec une solution de DAKIN ou d’eau de javel.

- Bien sécher la fourchette et bourrer les lacunes médianes et latérales avec du coton imbibé de liqueur de Vilatte.

Graisse à pied à faire

soit même pour ce cas :

 

- Goudron de Norvège 50 grammes.
- Acétate de cuivre 30 grammes.
- Alun 30 grammes.
- Vaseline 200 grammes.

La fourbure :

Sujet traité plus haut :
Compression du pied et finalement basculement de la phalange dans le sabot.

Le clou de rue :

 

Comme son nom l’indique c’est un corps étranger qui a perforé la sole et la fourchette.
Ce corps étranger pourrait être planté dans la phalange.
Les soins :
- Faire une injection antitétanique.
- Selon la profondeur, la taille et la gravité, retirer le corps étranger avec précaution.

- Il faudra élargir la blessure avec une rainette a fin de laisser couler une éventuelle infection.
- Fermer le fer avec une plaque que l’on pourra bourrer avec du coton imbibé de DAKIN.
- Vérifier la température du cheval et du sabot.

La maladie naviculaire :

 

 

Elle atteint les chevaux entre 6 et 9 ans, c’est une inflammation de la synovie entre le tendon perforant et un os appelé (sésamoïde).
Le cartilage s’écaille et dégrade le tendon par érosion.
Le cheval boite et une usure du fer en pince est visible.

Les soins :
Des fers spéciaux seront posés par le maréchal, ils arrangeront la boiterie mais ne guériront pas le défaut.

La maréchalerie est l’art de fixer un fer sous le pied du cheval il faut pour cela respecter certaines conditions de manière à ce que l’action de la ferrure soit efficace et qu’elle ne contrarie pas le travaille futur du maréchal ferrant.

Les aplombs irréguliers : 

- Trop serré du devant : quand les pieds sont trop rapprochés l’un de l’autre.
- Panard des membres : quand ceux-ci restent tournés vers l’intérieur.
- A genoux cambrés : quand les genoux sont trop écartés l’un de l’autre.
- A genoux de bœuf : quand les genoux sont trop rapprochés l’un de l’autre.
- Cagneux du pied : quand l’un ou les deux pieds reste tourné vers le dedans.
- Sous lui du derrière : quand le pied postérieur est trop en avant.
- Droit et court jointé : quand le paturon, trop court, est dressé à moins 50°.
- Long et bas jointé : quand le paturon, trop long, est incliné à plus de 50°.
- Trop ouvert du derrière : quand les membres sont trop écartés l’un de l’autre.
- Trop serré du derrière : quand les membres sont trop rapprochés l’un de l’autre.
- A jarret crochu : quand les jarrets convergent par leurs pointes.
- A jarret cambré : quand les jarrets divergent vers leurs pointes.
- Panard du derrière : quand les membres postérieurs restent tournés en dedans.
- Cagneux du derrière : quand un ou les deux pieds restent tournés vers l’intérieur.
- Panard en marche : quand le membre au soutien se rapproche trop du membre à l’appui et risque de le frapper.
- Cagneux en marche : quand le membre au soutien est jeté vers l’extérieur puis est ramené vers l’intérieur.
- Le cheval se croise : quand ses pieds antérieurs ou postérieurs se posent l’un devant l’autre. On dit aussi que le cheval se juste ou se méjuste.
- Le cheval se touche ou se forge : quand un membre postérieur frappe un antérieur. (Attention au déferrage, pose de cloche à l’avant) .
- Le cheval butte : quand les pieds ne s’élèvent pas suffisamment et heurtent le sol.

Défauts et qualité du sabot :


- Pied gras :
La corne est molle, souvent blanche et facile à entamer, de ce fait les clous tiennent mal surtout sur terrain humide.
Il faudra brocher haut avec des lames minces.

- Pied maigre :
La corne est sèche, cassante, souvent noire, la paroi est mince.
Les chevaux près du sang ont souvent la corne mince et elle pousse peu, la base de la paroi est friable et s’arrache avec le fer.
Il faut essayer de mettre des fers minces et légers, brochés assez haut en faisant très attention de ne pas piquer le pied ou de trop serrer le fer.
Hydrater le pied avec de l’onguent le plus souvent possible.

- Pied dérobé :
Souvent le problème des pieds maigres, la paroi est éclatée par place laissant des manques de corne qui gène pour brocher.
Il faut utiliser des fers à caractères (pinçons tirés à la place des clous) ou simplement avec un minimum de broches.
Le fer doit pouvoir tenir avec 5 broches sans problème, plus nous mettons de clous, plus nous fragilisons la corne.

- Pied cerclé : 
Il présente des cercles sur le pourtour du sabot, plus ou moins rapprochés.
Il s’agit le plus souvent d’un problème alimentaire ou d’une fourbure (qui est également un problème alimentaire).
Il est inutile de râper ses lignes, vous ne ferriez que dégrader la protection qui régule l’humidité du sabot.

Surveiller l’alimentation et attendre un minimum de 9 mois, la corne poussant en moyenne 1 centimètre par mois.
Une stimulation du bourrelet périoplique avec de l’huile de laurier favorise une repousse rapide.

Le fer à cheval :

La ferrure : elle a pour but de préserver le sabot contre l’usure, elle s’efforce de conserver au pied du cheval sa forme et ses fonctions. Elle permet également de remédier aux maladies du pied et aux défauts d’aplombs qu’ils soient d’origines accidentelles ou congénitales

- Le fer : est une bande métallique contournée sur elle-même, qui sert à protéger le sabot de l’usure. Il est adapté au bord plantaire du sabot, il se divise régionalement comme lui et présente les parties suivantes :
- Deux faces : une supérieure, en contact avec la paroi où débouchent les contre-perçûres et une inférieure pourvue d’étampures et soumise à l’usure du sol.
- Deux rives : la rive externe qui forme le contour extérieur du fer et la rive interne dont la partie centrale forme la voûte.
- L’épaisseur : comprise entre deux faces.
- La couverture : elle est comprise entre les deux rives. Le fer est dégagé ou couvert suivant que les branches sont étroites ou larges.
- Les étampures : ouverture pyramidale à coupe rectangulaire, creusées dans l’épaisseur du fer et destinées à loger la tête des clous.
- Les étampures à gras : quand elles sont éloignées de la rive externe, elles se trouvent sur la branche externe.
- Les étampures à maigre : quand elles sont rapprochées de la rive interne, elles se trouvent sur la branche interne.
- Les contre-percûres : ouvertures rectangulaires pratiquées au fond des étampures pour le passage des clous.
- La tournure : forme donnée au fer pour l’adapter au sabot du cheval.
- La garniture : partie du fer qui déborde de la circonférence du pied.
- L’ajusture : incurvation de la face supérieure du fer en voûte, pour éviter la meurtrissure de la sole en pince.
- Le pinçon : appelé également caractère, est la languette de fer levée en pince ou en mamelles.
- Les mortaises : trous taraudés en éponge pour recevoir les crampons mobiles.


 

Le fer antérieur :

 

Il a la même forme arrondie que le pied, la branche externe à légèrement plus de tournure que la branche interne, sa couverture est plus forte en pince et en mamelle qu’en éponge. Les étampures partent de la pince et ne dépassent pas la moitié antérieure du fer. Le pinçon est levé au centre de la pince.


Le fer postérieur :

 

Le pied ayant une forme ovale, la branche externe sera légèrement plus couverte. Le fer ne portera pas d’étampure en pince, les deux dernières sont plus rapprochées des éponges, les pinçons pourront être levés en pince pour les chevaux lourds ou en mamelle pour les chevaux de selle.

Les outils de maréchalerie : 

Le fer antérieur :

 

Il a la même forme arrondie que le pied, la branche externe à légèrement plus de tournure que la branche interne, sa couverture est plus forte en pince et en mamelle qu’en éponge. Les étampures partent de la pince et ne dépassent pas la moitié antérieure du fer. Le pinçon est levé au centre de la pince.

Le fer postérieur :

  Le pied ayant une forme ovale, la branche externe sera légèrement plus couverte. Le fer ne portera pas d’étampure en pince, les deux dernières sont plus rapprochées des éponges, les pinçons pourront être levés en pince pour les chevaux lourds ou en mamelle pour les chevaux de selle.

Les outils de maréchalerie :

- Le rogne pied :

 

C’est un couteau très affûté, en forme de lame de sabre,

d’une longueur de 25 centimètres, il sert à parer le pied.

La rainette ou couteau anglais :

 

Ce couteau anglais sert à l’amincissement de la sole et de la fourchette.

- La pince à parer :

 

En forme de tenaille, elle sert à couper la paroi, quand il y en a de trop

- Le brochoir :

Marteau de maréchalerie qui sert à mettre les clous et courber les pointes.

- La mailloche en plastique, en nylon :

 

Elle s’utilise avec la rogne pied, sa matière plastique absorbe les coups

- Le dérivoir :

Il sert à couper les rivets lors du déferrage, l’autre coté agit comme un chasse goupille et enlève les clous restés coincés.

-Le dégorgeoir : 

Il sert à faire une encoche dans la paroi qui permettra d’y loger le rivet.

- Les tricoises à talon :

C’est une tenaille à tranchant qui sert à couper les clous, son talon sert à façonner le rivet.

- La pince à déferrer :

 

C’est une grosse tenaille qui sert à déferrer grâce à ses grosses mâchoires.

La râpe à deux faces : 

 

Elle est utilisée pour égaliser la sole pour une finition nette.

- La pince à riveter ou crocodile :

 

Elle sert à rivet les clous, très puissante elle est délicate à utilisé sur une corne fragile.

- Le cure-pied :

 

Il sert à retirer la terre, le fumier, les pierres du sabot et de la sole.

  

Les étapes du ferrage :

Ne jamais oublier que c’est le fer qui doit s’adapter au pied et non le contraire.
- curer le sabot pour enlever tout corps étranger.
- Dériveter : Utiliser le dérivoir pour décoller et couper le rivet d’un coup sec, si vous ne le coupez pas, le rivet, affaibli par plusieurs torsions pourrait se casser dans le sabot du cheval et faire dévier gravement le nouveau clou.
- Déferrer : Resserrer les mors de la pince à déférer, entre le fer et le sabot, en commençant en talon et faire levier vers la pince du fer, faire de même avec l’autre branche, le fer se décolle, replaquer le fer sur le sabot, les têtes de clous restent sortis, ce qui vous permet de les retirer un à un sans abîmer le pied. Procéder de la même façon en quartiers et mamelles, examiner le fer pour déceler une usure anormale.
- Examiner le pied déféré : Vérifier l’aplomb et qu’il n’y ait pas de corps étranger.
- Parer le pied : Enlever la corne morte en rectifiant l’aplomb du pied si nécessaire et finir à la râpe.
- Préparer le fer : Lui donner la tournure voulue par rapport au sabot, à l’aide de l’enclume.
-Attacher le fer : Brocher d’abord en pince (intérieur et extérieur) ensuite en talon (intérieur et extérieur) ensuite, finir en quartier ou mamelle indifféremment (intérieur et extérieur).
Attention à la pointe du clou, une fois qu’il est entièrement enfoncé, le rabattre immédiatement, contre la paroi, car il est tranchant comme une lame de rasoir et vous infligera de belles blessures à la main ou à la cuisse si le cheval bouge.
- Serrer les clous : En appuyant la tricoises à talon sous la lame repliée et frapper la tête du clou.
- Couper les clous : Avec les tricoises à talon couper les clous très court, pratiquement à raz de la paroi mais en laissant assez dépasser pour former le rivet.
- Dégorger: les rivets avec le dégorgeoir en enlevant la petite partie de corne que le clou à repoussé en sortant, préparant ainsi l’emplacement du rivet.
- River avec la pince crocodile : Par petite pression, (attention pince puissante).
- Rabattre le pinçon : poser le pied sur sol dur et frapper le pinçon avec le brochoir pour le rabattre conte la paroi.
- Râper le pied : Passer un léger coup de râpe fine pour harmoniser le tout, attention de ne pas trop attaquer le rivet, cela l’affaiblirait.
- Goudronner le pied : Goudronner le pied afin de former artificiellement le verni naturel du sabot qui gère le taux d'humidité: Attendre au moins 24 heures avant de graisser le pied.

 

Les méthodes de maréchalerie :

 

- A la française :

Actuellement cette méthode est pratiquée pour des cas isolés ou difficiles (cheval récalcitrant ou cheval de trait.)
Cette méthode est   employée par les anciens maréchaux.

Elle a pour but d’économiser les efforts et le dos du maréchal. Elle se caractérise par une plus grande indépendance des gestes du maréchal, puisque le pied du cheval est maintenu par une autre personne, à l’aide d’une courroie en cuir. L’utilisation de la courroie permet à l’aide de se redresser pour soulager son dos.

 

 

- A l’anglaise :

Le maréchal travail seul, le pied du cheval est posé sur et entre les cuisses du maréchal qui garde une très bonne aisance de mouvement mais qui supporte le poids du cheval. 

La ferrure  à chaud :

 

 

La ferrure à chaud : le fer chaud est malléable,

plus facile à adapter à la forme du pied,

il est chauffé au rouge et appliqué énergiquement sur le sabot du cheval.

Il fait son siège et de ce fait à une bonne adhérence sur le pied.

 Il faut éviter d’appliquer un fer chaud trop longtemps,

la chaleur remontant dans le pied risque de brûler celui-ci.

 

La ferrure à froid : 

 

 Tout maréchal doit être en mesure de bien ferrer à froid, car certains fers ne permettent pas d’être appliqués à chaud, ou certains chevaux réagissent mal à la chaleur ou à la fumée. Etant donné qu’on ne peut pas modifier la corne en faisant porter le fer à chaud, le parage doit être extrêmement soigné. Il est capital que le fer soit bien d’aplomb. Un fer correctement appliqué à froid tient aussi bien qu’un fer appliqué à chaud.

 

       Les accidents de ferrure :  

De même que dans toutes techniques, il peut y avoir des incidents de maréchalerie. Aucun de ces incidents n’est grave à condition que le maréchal ferrant s’en apercevoir et qu’il y remédie rapidement.

Méconnaître l’incident, le nier ou négliger les soins, c’est s’exposer à aggraver les conséquences, compliquer le traitement et compromettre ou ralentir la guérison.

 
La piqûre:

  

Au lieu de rester dans l’épaisseur de la paroi, un clou a pénétré dans la chair vive par ce que la paroi est verticale, mince ou dérobée ; le pied a été trop paré, que le fer est trop juste ou étampé trop à gras, que le clou était mal dirigé ; que le cheval a brusquement retiré son membre : à ce moment un peu de sang perle du trou laissé par le clou immédiatement retiré.

Il arrive parfois que le cheval fait un retrait à chaque coup de mailloche, cela n’est pas significatif, il peut s’agir d’une manie sans réelle importance

En cas de piqûre, supprimer le clou et verser dans le l’orifice un peu de DAKIN, s’assurer que le cheval est à jour dans ses vaccins contre le tétanos.

La retraite:

 

Un clou pailleux, qu’on enfonçait dans la corne, c’est divisé en deux moitiés dont l’une pénètre dans la chair vive alors que l’autre sort normalement de la paroi. Si le brusque retrait du membre et la minceur de la lame permettent de se rendre compte de l’incident, traiter comme une simple piqûre. Dans le cas contraire, le cheval boitera au bout de quelques jours par ce que la partie du clou piquée dans la chair a introduit des microbes et provoque une suppuration intérieure qui peut décoller la corne.
Retirer le clou et dégager la blessure avec le couteau anglais, et faire un bain de pied au DAKIN. Ensuite fermer le trou avec de la compresse imbibée de ce produit et laisser le coincer entre la sole et le fer. Vérifier que les vaccins soient à jour et ne reprendre le travaille que lorsque la boiterie aura disparu.


L’enclouure:

 

Au lieu d’avoir été retiré immédiatement, le clou responsable de la piqûre a séjourné dans une partie vivante du pied, en quelques jours ce dernier devient chaud, douloureux et fait boiter le cheval en raison de la suppuration et du décollement de la paroi

Assez grave, l’enclouure nécessite avant tout l’extraction du clou responsable, puis un large amincissement à la rainette jusqu'à ce que l’abcès se vide, le liquide est noir. Elle guérira par les mêmes moyens que ceux employés dans le cas d’une retraite s’il s’en écoule un pus épais, jaunâtre ou malodorant, les soins du vétérinaire seront nécessaires. Dans les deux cas il faut prendre des précautions sur le tétanos.

Coupure par rogne pied:

 

Il s’agit d’une blessure due à une maladresse dans l’emploi de cet instrument, la boiterie est de règle mais la guérison est rapide.
Utiliser un fer léger, couvert, avec l’ajusture suffisante pour ne pas porter sur la coupure. Attacher le fer à froid et fixer à quatre clous, faire des bains de pied comme pour la piqûre ou enclouure.

Pied trop serré par les clous

 

 ou par le pinçon:

 

Un ou plusieurs clous ont été brochés trop près du podophylle, sans l’avoir touché, ou bien le pinçon à été trop brutalement bridé, on parle alors d’étonnement du sabot. La boiterie apparaît au bout de quelques jours mais l’incident n’est pas grave, déférer, s’assurer que rien de plus inquiétant ne menace. Sentir un a un les clous retirés pour déceler une éventuelle odeur nauséabonde due à une enclouure. Desserrer le fer et le pinçon, ne pas remettre de clous à l’endroit du serrage.

Prendre des précaution contre le tétanos et même soins que l’enclouure.

Sole trop parée ou

 

 comprimée par le fer:

 

Un fer insuffisamment ajusté, une sole naturellement trop fine ou un excès de parage peuvent provoquer une boiterie par simple sensibilité de la sole ou par meurtrissure et détérioration du tissu velouté. Utiliser un fer couvert et largement ajusté, avec une plaque.

Badigeonner au goudron de Norvège pour durcir la corne et repos jusqu'à disparition de la boiterie.

Sole chauffée ou brûlée:

  L’accident est dû à un fer chaud qu’on applique trop longtemps plaqué sur le pied, surtout quand ce dernier est trop paré, plat ou à une sole mince. La corne chauffée est jaune pointillée de noir, elle laisse suinter des gouttes d’un liquide clair, elle est décollée et emprisonne un pus noirâtre qui comprime très douloureusement les tissus veloutés. Le cheval sursaute à la moindre pression. Si la brulure ne se complique pas d’une suppuration interne, elle n’est généralement pas trop grave, mais fait boiter et sa guérison est assez longue.
Dans un cas récent et pas trop grave, faire des bains de pied prolongés avec fer largement ajusté, fixer à quatre clous. Si la boiterie persiste plus de huit jours il faut pratiquer un amincissement et appliquer un pansement sous un fer à plaque comme dans le cas des coupures par rogne pied. Si elle ne disparaît pas, on doit craindre une mortification des parties vivantes du pied et l’intervention du vétérinaire devient nécessaire.
De toute façon, les brûlures de la sole peuvent provoquer dans l’avenir des boiteries par cicatrisation défectueuse, par conséquent le maréchal ferrant doit se souvenir que se sont des accidents inquiétants dont il doit avertir d’une part, son assurance en responsabilité civile et d’autre part, le vétérinaire ainsi que le propriétaire du cheval.

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